La Guerre de Crimée (1853 - 1856) opposa la Russie à la Turquie, aidée par la Grande-Bretagne et la France à partir de 1854, et du Piémont à partir de 1855.
Elle eut pour cause les prétentions du tsar Nicolas Ier à se faire reconnaître le protectorat effectif des chrétiens orthodoxes dans tout l'Empire ottoman. La Crimée en fut le théâtre
principal.
Après la destruction par les Russes d'une partie de la flotte turque dans la rade de Sinop et l'occupation des provinces danubiennes, la
France et l'Angleterre déclarèrent la guerre à la Russie.
Les Français et les Anglais, sous le commandement respectif de Saint-Arnaud et de lord Raglan prirent pour objectif la puissante forteresse de Sébastopol, arsenal des Russes.
Grâce à l'action décisive et à la bravoure des zouaves français, entraînés par le général Bosquet, les Alliés remportèrent une première victoire sur les bords du petit fleuve de l'Alma.

Saint-Arnaud, emporté par le choléra, fut remplacé par Canrobert.
La lenteur des Alliés avait laissé aux russes le temps d'organiser la défense de Sébastopol. Un officier de grande valeur, Totleben, entoura la ville d'un système efficace de défense assuré par
par des tranchées creusées par la population de Sébastopol. Pendant onze mois, les Alliés encerclèrent la forteresse dans une interminable guerre de tranchée.
A deux reprises, ils durent repousser les attaques des russes qui les prirent à revers pour briser l'encerclement de Sébastopol.
Le 25 octobre 1854, grâce au sacrifice héroïque de la brigade légère de lord Cardigan chargeant contre les cosaques, les ennemis
furent repoussés à Balaklava.
Le 5 novembre, les français l'emportèrent difficilement sur les assailllants dans la sanglante bataille d'Inkerman. La contre-attaque des zouaves de Bosquet avait décidé du succès.
L'hiver se passa dans des conditions particulièrement pénibles pour les assiégeants. Les défauts de préparation de l'expédition s'avérèrent flagrants pour l'armée franco-anglaise, non équipée
pour affronter les rigueurs d'un hiver précoce. Dans leurs uniformes trop légers, les soldats grelottaient et manquaient des aliments indispensables. L'armée était décimée par de graves épidémies
de choléra et de typhus.
Pour hâter le dénouement du siège de Sébastopol, de nouveaux sacrifices furent consentis par la France, qui à l'aide d'emprunts, parvint à envoyer vers la Crimée renforts et munitions.
Des tentatives de conciliation avec la Russie échouèrent. Aussi en avril 1855, Canrobert, jugé responsable de la stagnation des opérations militaires, fut remplacé par le général Pélissier, homme
énergique qui s'était illustré en Algérie.
Grâce à ses initiatives hardies, allant au-delà de ce qu'avait conseillé Napoléon III, le Mamelon vert fut enlevé par les français le 7 juin.
Les russes, une dernière fois, tentèrent de forcer le cercle des assaillants, mais furent écrasés le 16 août au pont de Traktir.
La phase ultime du siège commençait alors : après trois jours d'un bombardement intensif, Mac-Mahon parvint à s'emparer de la tour Malakoff le 8 septembre.


C'était la fin de ce siège interminable et, le 10 septembre, les russes évacuèrent Sébastopol après avoir incendié la ville.
Ainsi se terminait la phase la plus sanglante de la guerre de Crimée, qui avait coûté aux Alliés plus de 120.000 hommes, dont 95.000 français, la plupart morts de froid ou de maladie.
Le traité de 1856 confirma l'indépendance turque, abolit le protectorat russe sur les principautés chrétiennes, assura la libre navigation des bouches du Danube et imposa la
neutralisation de la mer Noire à la Russie. Celle-ci, dont l'expansion en direction des Balkans était arrêtée, du remettre certains territoires et s'engager à ne pas fortifier les îles Aland dans
la Baltique.
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(copyright Histoire de France Larousse)

